dimanche 24 janvier 2021

Ayyanar, le dieu tamoul au naturel pour le peuple chettiyar

Au Tamil Nadu, sur un territoire grand comme trois départements français, ce ne sont pas les grands temples avec leurs Gopurams ornés de dieux multicolores, comme le plus souvent dans cette partie sud de la péninsule qui font la vedette, mais des sanctuaires abritant dieux protecteurs païens et divinités villageoises au coin des champs, veillant sur une campagne immuable aux paysages baignés de soleil. Sur toile de fond d'immenses plantations d'anacardiers et de rizières au vert tendre sur lequel les femmes aux saris relevés apportent des taches de couleurs chaudes, nous arrivons au Chettinad par des routes ou nous croiserons des tribus de singes espiègles et quémandeurs, assis sur le bord de la chaussée, à proximité de vendeurs de noix de cajou.
Dans cette microrégion à la fois aride et verdoyante, plus connue pour ses maisons palatiales, abandonnées et rongées par la végétation, réparties parmi les 74 villages coincés entre Rameshwaram, Madurai, Trichy et Tanjore, preuve d'une opulence ancestrale, subsiste une religion locale propre au peuple Chettiar. En ces lieux ou la nature reprend ses droits, nous nous sommes donc interessé au dieu Tamoul Ayyanar, fortement vénéré, censé amener la prospérité pour la culture des champs, faire pleuvoir, protéger les enfants, le bétail, la nature, les villages et ses habitants des esprits démons en patrouillant toute la nuit...
Adieu palais et demeures Chettiar et consacrons-nous uniquement à la vénération d'Ayyanar en nous attardant à ces sanctuaires souvent implantés en périphérie des villages ou en forêt, dont le coeur se retrouve être un banyan sacré, devant lequel, en signe d'offrande au Dieu, se retrouvent alignés des chevaux, des vaches ou éléphants en terre cuite. 
Souvent, à l'identique du sanctuaire d'Ellangudipatti situé en pleine nature, dans un bois sacré, de part et d'autres de l'allée principale nous menant à l'arbre sacré, sont amassés par centaines, petits chevaux, vaches, éléphants, serpents, tortues, souris en terre cuite, réalisés par des prêtres potiers. Bien que cette pratique ne soit pas propre au culte d'Ayyanar, il n'est pas rare non plus, à proximité, de trouver de nombreuses figurines votives correspondant aux offrandes en guise de remerciement au Dieu pour sa protection ou pour un évènement heureux, réalisé ou à venir, comme un mariage ou une naissance.
Si les villageois mettent une attention toute particulière dans le style des figurines en terre cuite pour les offrandes à Ayyanar, souvent associées par erreur à une forme d'art tribal, c'est aux prêtres de la communauté des potiers Vellars (du nom de la petite rivière traversant Aranthangi, dans le district de Pudukkotai) que revient la réalisation des statues monumentales de certains chevaux. Même si aujourd'hui, chevaux et éléphants, comme ceux que nous avons pu ramener en France, sont réalisés en béton peint dans un style naïf, nous nous laissons prendre par l'émotion du sacré qu'ils suscitent. Toutefois, c'est au sanctuaire d'Ellangudipatti, où dès le cheminement parmi les centaines de représentations d'animaux et de chevaux riants que nous avons le mieux ressenti le sacré, le lâcher-prise nous invitant à une entrée dans l'univers des temps anciens. Loin des bruits habituels des villes, nous sommes saisi par un sentiment étrange au milieu de cet amoncellement de statues fortement chahutées par les successives moussons, dont certaines disparaissent déjà au profit de la nature, recouvertes par la végétation, les buissons et ou seuls quelques débris émergent du sol. A l'instar du sanctuaire dont nous venons d'évoquer la communion avec la nature, la "terre-mère", dans le très populaire temple Sri Solai Andavar dans le village de Kothari dans le district de Sivaganga, dédié au Dieu Ayyanar, y règne une atmosphère semblable aux temples shivaïtes et vishnouites, peut-être tout simplement parce qu'on le dit né de l'union de Shiva et de Vishnou.
D'ailleurs, la place de ce culte pratiqué par des prêtres non brahmanes issus de la caste des potiers, hérité de pratiques locales depuis plusieurs générations, dans l'échelle du temps reste pour nous un mystère : 3ème millénaire avant notre ère pour les uns, 13ème siècle pour d'autres. Une part de vérité réside certainement dans le fait que le culte d'Ayyanar pratiqué depuis la nuit des temps dans les "bois sacrés", hors des villages, adopté par la quasi-totalité du monde rural, profondément lié au système ancestral, à la nature et à la fécondité ai pu être récupéré par opportunisme au 13ème siècle par les partisans à l'émergence de l'hindouisme comme religion d'Etat. Rien ne semble pourtant avoir changé dans sa pratique originelle, puisque le culte au Dieu protecteur des inondations et des sècheresses reste encore associé à des offrandes sacrificielles de nourriture végétarienne pure, exception faite pour ses serviteurs, dieux eux-aussi, au nombre de 21, aux quels poulets et chèvres sont offerts, expliquant la persistance du sacrifice de sang sur certains sanctuaires. Parce que les Dieux se retrouvent classés suivant leur hiérarchie sociale et économique, celui au plus haut rang se veut être végétarien tandis que que celui au plus bas du classement se retrouve être non végétarien. Pour rappel, ce Dieu à l'aspect féroce, accompagné de ses 21 serviteurs, du haut de son cheval blanc, l'épée ou le trident à la main, lutte toutes les nuits contre les démons et dieux maléfiques qui menacent les villages. A l'aube, après avoir chassé les esprits malfaisants, Ayyanar accompagné de ses divinités regagne son sanctuaire dans le "bois sacré", à l'identique de celui d'Ellangudipatti.
Ainsi, si comme nous vous passez dans les villages de Kothamangalam, de Kothari, d'Aranthangi, vous comprendrez alors combien ce Dieu aux couleurs vives sur son cheval blanc, adoré en pleine nature, au milieu des forêts, occupant une place majeure dans les villages en raison des valeurs installées dans la vie familiale et communautaire, puisse séduire les voyageurs que nous sommes, principalement lorsqu'on le découvre au détour d'un chemin...

InDi

dimanche 27 septembre 2020

L'inde du sud au fil de l'eau avec InDi ... 2022

Loin des foules, de la circulation anarchique et polluante des grandes métropoles indiennes, sous le pseudo d'InDi, nous parcourons le monde rural indien sur les routes ou ornières et vaches errantes mettent du piment à la conduite, en totale immersion dans la culture pas uniquement hindoue. Nous définissant plus comme "gretters" que guides ou accompagnateurs, sur nos temps libres nous partageons avant tout notre passion pour ce pays que nous faisons découvrir à de petits groupes d'une manière unique et authentique. Notre accompagnement s'inscrivant dans une démarche de tourisme responsable, nous avons aussi à cœur de favoriser l'enrichissement économique des communautés locales tout en contribuant à l'image positive des lieux visités. Le fil rouge du voyage "L’inde du sud au fil de l’eau" que nous vous proposons, reflète cette fusion de la tradition et de la modernité qui caractérise ce pays aux multiples paradoxes. Ce voyage vous familiarisera avec l’Inde spirituelle traditionnelle qui souvent surprend par ses excès, son côté inclusif dans le quotidien et dont la visite de certains lieux sacrés livrent les secrets de sa longévité religieuse, puisque pratiquée depuis 3500 ans de la même manière … Pas moins de 14 jours d'immersion dans l'Inde rurale du Karnakata, du Kerala et du Tamil Nadu vous seront nécessaire pour en découvrir son authenticité, sa biodiversité avec sa faune sauvage sur les contreforts des Ghats occidentaux, mais aussi la côte tropicale de Malabar avec ses backwaters à l'Ouest et le Cap Comorin (Kânyâkumâri), point de transition avec l'ile de Pamban sur la côte mythique de Coromandel, au bord du Golfe du Bengale. Au détour des étapes, nous surprendrons des images de vie définissant ce que nous appelons plus communément : l'incredible india .... que nous nous apprêtons à vous faire vivre. Ensemble, nous nous aventurerons sur ces routes où nous croiserons des tribus de singes espiègles et quémandeurs assis sur le bord de la chaussée, tout en ayant en arrière plan des femmes aux saris relevés faisant des taches de couleur dans le vert des rizières, des sanctuaires abritant dieux protecteurs et divinités au coin des champs veillant sur une campagne immuable aux paysages baignés de soleil. Nous vous proposons de découvrir une Inde authentique, ancestrale, ayant conservé les fondements de sa culture, rurale et tropicale ou la beauté des Indiennes tamoules drapées dans leurs saris aux couleurs vives dans le vert des rizières ne vous laissera pas insensible. Tout en cheminant, le voyageur apaisé que vous deviendrez, en passant par Mahé, Cochin, Pondichéry, en toile de fond la multitude de temples gigantesques avec leurs Gopurams ornés de dieux multicolores et scènes de la vie courante, découvrira le Bharata Natyam au Tamil Nadu, le Kathakali et le Kalaripayattu au Kerala … En tant que "gretters" affirmés, soucieux du respect des gouts et envies de chacun, loin des visites guidées à unique consonance patrimoniale, nous prônons un écotourisme convivial, mettant au centre du voyage "le vivre ensemble", malgré les différences culturelles, la barrière de la langue. (Pour un affichage des visuels dans de bonnes conditions : clic droit sur la photo, puis ouvrez le lien dans une nouvelle fenêtre, vous pourrez ainsi l'agrandir selon vos désirs)

Jour 0 : Samedi, départ de Paris pour Bangalore au Karnataka, arrivée à l'Hôtel Vivanta By Taj (ou similaire) MG Road, Bangalore, 41/3, MG Road, yellappa Garden, Karnataka 560001, Inde (33 km de l'aéroport - 45') pour quelques heures de sommeil et ainsi jouir d'un premier réveil en terres indiennes.

Jour 1 : BANGALORE - SRAVANABELAGOLA - DUBARE
Dimanche
Départ pour Dubare (Hôtel Purple Palms Resort and Spa Coorg ou similaire), post, Guddehosur, BM Rd, Bollur Village, Kushalnagar, Karnataka 571234, Inde), soit 255 km - environ 5 heures de route. Une première étape dans cette magnifique région de Coorg, inscrite au patrimoine mondial de l'humanité.
Centre d'intérêt A : Sravanabelagola, arrêt de 3 heures dans ce haut lieu Jaïns, situé à 145 km de l'Hôtel Vivanta ByTaj de Bangalore - soit après 2 h 30 de route. Restera environ 110 km à parcourir pour arriver à destination (environ 2 h 30). Déjeuner végétarien sur place au restaurant Raghu (pour premier thali). Sravanabelagola, célèbre pour sa statue du saint jaïn Gomateshvara, vielle de plus de 1000 ans et sculptée dans un seul bloc de 17 m, perchée en haut d'une colline (612 marches) sera l'évènement principal de la journée. Alors que ses pieds sont lavés tous les matins, son corps l'est tous les 12 ans lors d'une Kumbh Mela rassemblant plusieurs millions de personnes (la dernière ayant eu lieu en 2018).

Jour 2 : DUBARE - MAHE (arrivée au Kerala)
Lundi
Avant le départ pour Mahé au Kerala (hôtel La Villa de 1945 ou similaire), soit à 145 km de Bylakuppe - et environ 3 h 40 de route. Deux points d'étapes majeurs manqueront cette journée : un bain dans la Kavery avec des éléphants semi-sauvages, puis un arrêt à Bylakuppe pour déjeuner et visiter le Golden temple du monastère de Namdroling. Une approche du bouddhisme après le jaïnisme de la veille.

Centre d'intérêt B : la vie des éléphants les plus protégés de l'inde, dès 8 h 00 du matin, traversée en barque ou à gué du fleuve sacré, la Kavery, pour 2 heures de contact avec la nature, d'activités avec des éléphants en semi liberté (bain, brossage et nourriture des pachydermes).


Centre d'intérêt C : Bylakuppe, Ce village créé en 1970, à l'origine un camps de réfugiés tibétains, est la plus grande enclave tibétaine en Inde. Le village s’est considérablement étendu et compte plusieurs milliers de moines. Découverte du Golden temple du monastère de Namdroling et de la grande institution monastique éducative de Séra. Une promenade dans le village sera l'occasion d'un vrai dépaysement et d'une rencontre avec la culture tibétaine et son architecture singulière, cela à 2500 km à vol d'oiseau du Ladakh. Nous y déjeunerons et apprécierons les  "momo", fameux raviolis tibétains.
Nous passerons la nuit à Mahé, ville du territoire de Pondichéry, seul ancien comptoir (créé en 1721) à être situé sur la côte ouest (mer d'Arabie). Son statut de zone franche est aujourd'hui le seul intérêt pour ses Etats voisins (dispense de taxes) et donc à l'instar de Pondichéry, n'attire aucun touristes.

Jour 3 : MAHE - KOCHI 
Mardi
Départ très tôt pour Cohin (Kochi) au Kerala ("Le pays des cocotiers" en malayalam), à l'Hôtel Old Ligth House Bristow, soit 250 km en longeant la mer - et environ 7 h 00 de route qui nous permettrons d'immortaliser l'éternel coucher de soleil sur les impressionnants filets de pêche chinois, dès notre arrivée.

Jour 4 : KOCHI (Cochin)
Mercredi
La journée sera consacrée à découvrir le coeur historique de la presqu'ile de l'ouest : Fort Cochin - Mattancherry. Nous y visiterons la synagogue fondée en 1568, l'église Saint Francis (ou Vasco de Gama fût enterré).
Le déjeuner se déroulera à Koder House, ancienne demeure de la famille Koder, importante famille juive de Cochin. La maison construite sur l'emplacement d'une villa portugaise, a été conçue en europe et les matériaux expédiés par bateau. L'architecture mêle les styles portugais, hollandais et keralais avec des influences chinoises.

En fin d'après midi, nous irons assister à un spectacle de Kathakali, drame costumé, chanté et dansé, dont les thèmes sont tirés des grandes épopées indiennes, le Mahâbhârata, le Râmâyana et de la vie de Krishna. Cette forme de danse classique, de théâtre dansé est d'origine Kéralaise.

Jour 5 : KOCHI - ALAPPUZZHA - QUILON
Jeudi
Départ pour l'Hôtel Raviz Resort and Spa, Thevally Bridge, Kollam - Elamballoor Rd, Palace Nagar, Thevally, Mathilil, Kerala 691601, Inde, soit 135 km - environ 3 h 30 de route. Un point d'étape majeur à Alappuzha, à 60 km de Cochin - à environ 1 h 30 de route, pour flâner sur les backwaters. Déjeuner à bord du house boat.
Centre d'intérêt D : Alappuzha, après un trajet d'une heure et demie par la route longeant la mer d'Oman, nous emprunterons des embarcations traditionnelles (kettuvalam) qui pendant 6 heures nous permettrons de découvrir la "Venise verte d'Orient", les canaux, lagunes, petits villages uniquement accessibles par voies navigables, où la flore et la faune y sont exceptionnelles.
Nous passerons la nuit à Quilon, où les missionnaires dominicains et franciscains y sont présents depuis le 13e siècle. Autrefois, port important dans le commerce des épices, c'est aujourd'hui une active cité commerçante et la capitale de la noix de cajou du Kerala

Jour 6 : QUILON - KANYAKUMARI (arrivée dans le Tamil Nadu)
Vendredi
Départ pour l'hôtel Sparsa 6/112 B, Beach Road, Near Sunset point, Kanyakumari, Tamil Nadu, soit 170 km - à environ 4 h 30 de route. Kânyâkumâri (le cap de la jeune fille), plus connue sous le nom de Cap Comorin, constitue l'extrême pointe sud de l'inde et est le point de rencontre de la mer d'Oman, du Golfe de Mannar et de l'Océan Indien. Si le temps le permet (heure de départ), visite partielle sur le trajet du palais du 16e siècle de Padmanabhapuram (Tamil Nadu).
Centre d'intérêt E : Padmanabhapuram, un palais, tout en teck et granit, qui fut la résidence des maharajas de Travancore de 1550 à 1790. Bien qu'étant au Tamil Nadu son style d'architecture est kéralais : galeries extérieures en bois ouvragés, colonnes de bois sombres ou de pierre, toit de tuiles et murs en brique rouge.
Kânyâkumâri reste le lieu idéal pour admirer levers et couchers de soleil sur ces 3 mers qui s'y rencontrent. L'immense et imposante statue représentant Thiruvallavar, poête du 1er siècle av. J-C, unanimement vénéré par les indiens reste le cliché omniprésent des voyageurs qui déposent leurs valises en ce magnifique lieu. Les cendres de Gandhy y furent aussi répandues et un mémorial s'y visite.

Jour 7 : KANYAKUMARI - RAMESHWARAM
Samedi
Départ vers le golfe de Mannar et l’île sacrée de Rameshwaram, reliée au continent par un viaduc ferroviaire et le pont Indira-Gandhi, l'une des prouesses de la technologie indienne, inauguré par Rajiv Gandhi en 1988. Lieu hors du temps, surnommé la "Bénarès du Sud, c'est l'une des sept villes saintes de la religion Hindouiste. C’est ici que Rama est censé avoir vénéré Shiva. L'île à son extrémité, n'est qu'à 18 kms du Sri Lanka. Après un parcours de 310 km, soit environ 5 h 30, nous séjournerons 2 nuits à l'hôtel Hyatt Place Rameswaram ou similaire.
Dès notre arrivée, premières visites des lieux en autorickshow pour après l'ascension de la colline où s'élève le petit temple Ghanda Madhana Parvatan assister au coucher de soleil sur la côte Est du Tamil Nadu. 
On y voit l'empreinte d'un pied du dieu Rama, l'un des avatars de Vishnu. A 3 km de la ville, il offre un beau panorama sur les environs.

Jour 8 : RAMESHWARAM
Dimanche
La journée sera consacrée à la visite de la ville et ses environs. Dès le matin, sur les ghâts, face à l'Océan indien, nous partagerons l'incroyable ferveur religieuse des pèlerins avant la découverte du temple de Ramanathaswamy. Visite du temple de Ramanathaswamy, l'un des sanctuaires majeurs de l'Inde du Sud. Superbe exemple de l'architecture dravidienne tardive, il est renommé pour ses quatre splendides corridors bordés de colonnes finement sculptées. Les fidèles attribuent des vertus particulières à ses 22 theertham (bassins), où ils se baignent et y boivent l'eau purificatrice. 
Visite du temple de Kothandaramaswamy dédié à Rama et situé à la pointe extrême de l'île. Il résista à la violence terrible du cyclone de 1964 qui détruisit la ville de Dhanushkodi, aujourd'hui abandonnée. Mais une balade sur le sable blanc en cette extrémité de terre, nous apporte loin du tumulte des villes les conditions idéales pour revisiter le Ramayana et l'épisode ou Hanuman vole au secours de Sita sur l'ile de Ceylan. Entourée par la mer, sa situation est une véritable attraction touristique. 
Nous clôturerons ce magnifique parcours par un arrêt dans le port de pêche afin d'avoir une dernière vue du grand temple depuis la mer.

Jour 9 : RAMESHWARAM - KOTHARI - CHETTINAD
Lundi
Départ de Rameshwaram pour le Chettinad et l'hôtel Chidambara Vilas à Kadiapatti, soit à 166 km - à environ 3 h 30 (avec un arrêt sur le trajet au temple Sri Solai Andavar de Kothari non loin de Karaikudi afin de visiter le premier temple dédié à Ayannar avant celui d’Ellangudipatti dans l'après midi). Le Chettinad, à peine plus grand que 3 départements français, correspond à une microrégion comptant près de 74 villages, coincée entre Madurai, Trichy et Tanjore, au paysage à la fois aride et verdoyant, reflétant la prospérité de riches commerçants souvent reconvertis en banquiers au début du 20e siècle. De cette opulence ancestrale subsiste quelques palais et demeures Chettiar à l'identique de notre hôtel.
Centre d'intérêt F : temple Sri Solai Andavar à Kothari, nous visiterons ce temple très populaire, dédié au dieu tamoul Ayannar avant le déjeuner.
Centre d'intérêt G : le sanctuaire d'Ellangudipatti, situé en pleine nature, il est dédié à Ayannar, dieu Tamoul local, censé faire pleuvoir, protéger les enfants, le bétail, les villages, ses habitants, la nature ... Nous nous rendrons dans un bois sacré ou l'allée principale est bordée de 100e de chevaux en terre cuite.
Dans l'après midi, tout en découvrant l'architecture Chattiar, nous nous rendrons à Tirumayam Fort ainsi que dans le village de Athangudi afin d'approcher quelques richesses artisanales comme la fabrication des carreaux peints uniques en cette partie du Tamil Nadu. Enfin, ultime visite avant le spectacle privé, l'authentique palais Chattiar, dans lequel nous allons passer la nuit.

Évènement principal de la journée : un spectacle privé de Bharata Natyam (pour le groupe), danse classique originaire du sud de l'inde, notamment du Tamil Nadu. Elle était autrefois exclusivement réservée aux hommes, et liée aux pratiques religieuses. Danse de soliste, son apprentissage est très difficile et long. Elle est aujourd'hui enseignée aux jeunes filles, mais est restée ouverte aux garçons.

Jour 10 : CHETTINAD - SWAMIMALAI - MANTRAVEPPATHUR (KUMBAKONAM)
Mardi
Départ pour le Mantra Veppathur, Kumbakonam, N°1 Bagavathapuram Main Road Extension, 536 537 A Sri Sailapathipuram Village, Veppathur, Kumbakonam, soit 140 km, à environ 2 h 45 par la route, duquel nous rayonnerons pour les visites des villages abritant les projets menés par l'idep (Kilvelur et Orathur).

Avant de quitter le Chettinad, nous nous rendrons dans le village de Kanadukathan, à 15 km de l'hôtel, pour y parcourir les rues ou palais et grandes demeures arborent leurs façades multicolores. 

Centre d'intérêt H :  Swamimalai, à environ 13 km de l'arrivée à l'hôtel, visite d'un atelier de bronzier aux pratiques ancestrales, perpétuant la tradition de la fabrication de bronzes selon la technique millénaire de la cire perdue.

Jour 11 : KUMBAKONAM - KILVELUR - ORATHUR - KUMBAKONAM.
Mercredi
La journée sera consacrée aux projets portés par l'Idep dans les districts de Nagappattinam et de Tirivarur, garante de l'immersion auprès des populations locales. Visite d'écoles soutenues par l'ONG française depuis 25 ans, avec l'inauguration des dernières réalisations seront les composantes du planning de la journée la plus riche en émotions. Bien qu'à 69 km de l'hôtel, il faut compter 2 heures pour se rendre dans le village d'Orathur, proche de Velankanni (le plus grand site de pèlerinage chrétien au Tamil Nadu).
Centre d'intérêt I : Kilvelur, AnjuVAttathammanGirls High School, crée le 23 juin 1972, est une école de filles où 800 élèves y sont scolarisées de la 6e à 10e Std.
Centre d'intérêt J : Orathur, Chidambaranar Middle School, est une école mixte en milieu rural, crée en 1924 où 200 élèves y sont scolarisés de la 1ere à 8e Std.


Jour 12 : KUMBAKONAM - GANGAIKONDACHOLAPURAM - PONDICHERY
Jeudi
Départ pour Pondichéry où plus précisément l'hôtel "The promenade" ou similaire, soit à 135 km - environ 3 h15 de route, avec un point d'étape majeur (au km 35) qui marquera cette journée : le site de Gangaikondacholapuram.
Centre d'intérêt K :  le temple de Gangaikondacholapuram, dédié à Shiva, il est important par sa taille qui malgré qu'il soit classé au patrimoine mondial par l'Unesco au même titre que ceux de Tanjore ou Darasuram reste peu visité par un tourisme de masse. Edifié au 11e siècle au centre d'un jardin parfaitement entretenu, son architecture pyramidale se révèle particulièrement harmonieuse. Comme ceux de Tanjore ou Darasuram, il tranche avec ceux ornés de sculptures rappelant les multiples scènes de la vie courante aux couleurs multicolores qui composent la majorité des paysages du Tamil Nadu. 
Dans ce havre de paix, l'imposant "Nandi" protégeant l'entrée du Temple, ainsi que l'énorme "Lingam" de 4 m nous rappelle la présence de Shiva.
Il est temps, en signe de fin de déambulation paisible en milieu rural de poser nos valises dans l'ancien comptoir français (Pondichéry), dans un magnifique hôtel face à l'océan. En janvier 1673, un militaire français acheta au sultan de Bijapur, pour le compte de la Compagnie française des Indes créée par Colbert en 1654, un village du nom Puducherry. Ainsi débutait l'épopée de la France aux Indes, épopée aussi fugace que riche de rebondissements, et dont Pondichéry demeure le symbole.
Dès notre arrivée, c'est en rickshaw que nous flânerons dans les quartiers jadis occupé par les français (la ville blanche). Un slow time dans les rues de cette partie rebatie au 18e siècle, allant à la découverte de l'architecture coloniale de cet ancien comptoir, où l'ensemble des rues s'y coupent à angles droits et portent des noms français. De passage dans les rues aux noms évocateurs : Romain Rolland, La Bourdonnais ou avenue Goubert (un peu du 7e arr. parisien), nous découvrirons Notre Dame des Anges et la statue de jeanne d'Arc, ainsi que l'Alliance Française et le Lycée Français créé en 1826. Pour finir, après avoir vu les églises du Sacré Cœur Jésus et l'Immaculée Conception, en revenant vers notre hôtel, après être passé au temple de Manakula Vinayagar ou l'éléphante en faction nous aura béni contre quelques roupies, nous nous arrêterons sur la promenade en bord de mer (beach road), non loin de la statue de Gandhi, ou la population et marchands aiment à flâner en fin de journée.

Jour 13 : PONDICHERY - GINGEE - TIRUVANNAMALAI
Vendredi
Départ en milieu de matinée pour l'hôtel Arpanaa hôtels - No.7, Sriram Nagar, Near Anna Arch, Polur Road, Tiruvannāmalai, soit à 110 km - environ 2 heures avec un arrêt sur le site de Gingee (km 70). Mais avant de prendre la route, en complément de la veille, 2 à 3 heures consacrée à l'exploration de la "ville noire" avec comme objectif le "big market", un des plus beau et grand marché du sud de l'Inde avec ses fruits, légumes, poissons, fleurs, saris, épices, casseroles, viande, couleurs encore et encore, des odeurs en veux tu en voilà… 
 
Centre d'intérêt L : la forteresse de Gingee, un site hors des sentiers battus ou la forteresse se retrouve sur plusieurs kms (15 km de remparts, parfois hauts de 20 m et 15 m de largeur), à cheval sur trois pitons rocheux. Cette forteresse militaire juchée sur plusieurs pitons escarpés joua un rôle important au 17e et 18e siècle dans les luttes des Marathes contre les coalitions musulmanes, puis plus tard, dans les campagnes militaires que les français menèrent pour la possession de cette région. On y retrouve les exploits d'un petit marquis français (Bussy - Castelnau) aux ordres de Dupleix qui avec seulement 200 soldats et 400 cipayes pris l'assaut de la citadelle en pleine nuit en 1750, jusque là aux mains de l'armée musulmane, la laissant en 1761 aux anglais, après la prise de Pondichéry. 
Dans un paysage de collines rocheuses arides, peuplées de quelques singes et de rizières au vert tendre, nous nous arrêterons 2 heures sur ce grandiose site militaire avant de poursuivre vers Tiruvannāmalai, un des lieux où la spiritualité hindoue y est la plus pressante, avec notamment la colline d'Arunachala qui surplombe la localité. Cet endroit reste l'incontournable site qu'il faut avoir foulé au moins une fois dans sa vie, tout comme Tirupathi dans l'Andhra Pradesh ou Rameshwaram au sud du Tamil Nadu. Afin d'en apprécier la ferveur qui se dégage en ces lieux, il à rappeler que la montagne d'Arunachala est à l'Inde du Sud ce que le mont Kailash est au Tibet.
Les hindous croyant fermement en l'apparition de Shiva sur ce lieu se pressent depuis des temps immémoriaux sur cette colline et dans le grand temple en son pied, amenant les pèlerins des quatre points cardinaux du pays, les nuits de pleine lune ou de Karthikai Deepam (fête à fin novembre), à se livrer à un immense circumambulation de plusieurs kms autour du lingam naturel que représente la montagne sacrée.

Jour 14 : TIRUVANNAMALAI - DHARMAPURI - HOGENAKKAL - BANGALORE 
Samedi
Départ très tôt pour l'aéroport de Bangalore (hôtel proche de l'aéroport), soit à 320 km - environ 8 h 00, avec un point d'étape majeur au km 160 (4 heures) qui manquera cette dernière journée en terres indiennes (Hogenakkal Falls).
Centre d'intérêt M : Hogenakkal Falls, une adresse méconnue des "tour operator", mais nullement des indiens qui viennent se divertir dans ce parc naturel et plus précisément sur les rives de la Kâveri qu'ici assure une frontière naturelle entre le Karnataka et le Tamil Nadu. Pour atteindre Hogenakkal Falls, on traverse la jungle avant de se retrouver aux abords des cascades pour un bain de fraicheur, consenti ou pas d'ailleurs ! (prévoir un change...).
C'est par bus entiers, alors qu'il fait plus de 40° dans les plaines que les indiens viennent chercher la fraicheur dans ce havre de paix, enfin lorsque tout le monde est reparti ! pour quelques centaines de roupies on loue une embarcation traditionnelle et on se laisse aller à naviguer sur les eaux tumultueuses de la Kâvery en toute quiétude, on débarque sur les plages pour y déguster du poisson frit ou se faire masser, loin du tumulte des grandes villes.
Passer, ne serait-ce que 2 heures en ces lieux reste un rituel pour tout amoureux de la douceur de vivre à l'indienne, dernier cliché avant de rejoindre un hôtel de la capitale du Karnataka (4 à 5 heures consacrées à se changer et diner avant la prise de l'avion de retour).

Jour 15 : BANGALORE - PARIS
Dimanche
Départ pour Paris à environ 2 heures du matin pour une arrivée avant 9 h 00.
Après avoir parcouru 2500 km, dont 600 en longeant les côtes de la péninsule indienne, à 50 km/h de moyenne sur les routes de 3 Etats du sud, "L’inde du sud au fil de l’eau" se termine. Avec une approche du Jainisme à Sravanabelagola, du Bouddhisme à Bylakuppe, du Christianisme à Cochin et à Pondichéry, de l'Indouisme à Rameshwaram et Tiruvanamallai et du culte païen Ayannar au Chettinad, nous nous serons confrontés  à l'Inde spirituelle traditionnelle qui guide tout indien au quotidien.

InDi

Ayyanar, le dieu tamoul au naturel pour le peuple chettiyar

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